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C’est bien beau de penser à qui doit se présenter, et qui en a le droit, mais la vraie pensée c’est : comment donner le pouvoir au peuple ! 

Au Sénégal, un soi-disant débat sur le parrainage des candidats aux élections présidentielles défraye la chronique, et divertit tout le monde, au moment où l’on devrait aspirer à un changement de République. Et où le vrai débat devrait concerner la mise en place d’un processus constituant, des propositions allant dans le sens d’un plus grand contrôle citoyen des élus, ouvrant notamment la voie à la révocabilité,  bref, permettre de redonner le pouvoir au peuple.

Les protagonistes ont-ils compris les enjeux pour l’avenir ?

Le gouvernement pense qu’il faut une présélection, et instaure un système de parrainage, par les citoyens, alors que les opposants trouvent que c’est un recul de la démocratie… Ils ont raison ! Quand on regarde bien, le curriculum vitae et l’arbre généalogique de ceux qui se présentent, ou même leur histoire, on voit bien que ce ne sont pas les moins fortunés qui sont candidats. Ce n’est pas Mamadou Kébé, résident du village de Darussalam, ou de Koumpentoum, ou de Bocal, de Marsasoum ou de Keur Diouldé qui se présente…. Il y a déjà une présélection, un filtrage économique, social et ethnique.

Pourtant, l’idéal démocratique c’est la recherche de la force du peuple, de son implication totale dans les affaires de la cité. La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours, et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens, les contrariant et les portant à renoncer à leur volonté de participer. Et ça, personne n’en parle !

Le peuple est  juste considéré  comme une carte électronique,  une  grille d’analyse, une carte de vote ! Qu’en est-il de sa représentativité, de son pouvoir décisionnel, de son poids dans le débat… ?

Il est navrant de voir à quel point, dans notre système, les gouvernants poussent les gens à démissionner de leur rôle quotidien de citoyen. On a complétement oublié qu’un régime politique fondé sur le principe de la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens, qui doivent se prononcer sur tous les sujets, directement ou  indirectement par l’intermédiaire de représentants élus, qui doivent être soumis à une révocabilité ! «Démos»  signifie peuple, et par conséquent doit s’opposer à la tyrannie, à la dictature et à toutes les formes de pouvoir où la majorité est exclue du processus décisionnel.

Le terme démocratie est aujourd’hui utilisé d’une manière abusive ou trompeuse pour maquiller une dictature. Car c’est une seule personne qui décide de tout, et car les citoyens ne s’engagent pas régulièrement dans la marche de leurs propres affaires, alors que la participation des citoyens constitue l’esprit et la force qui animent une société fondée sur le volontariat.

Le constat est unanime, le système de démocratie représentative actuel revient en réalité à la confiscation du pouvoir par une petite caste de politiciens, partageant les mêmes intérêts, et totalement coupés de leur électorat.

Sans parler même du principe de la démocratie, il faut savoir que dans les multiples impasses et défis que contient notre société, se nichent les possibilités d’un rebond positif vers un tout autre futur dont seul le peuple a les clés. Il ne le fera pas pour des raisons idéologiques mais pour répondre à des problèmes concrets que nos politiques sont incapables de résoudre. L’énergie de masse immense, enfermée dans une impasse, peut entrainer des éruptions du mauvais côté du volcan, mais en général l’action du peuple est menée au nom de l’intérêt général.

Le peuple, c’est-à-dire cette multitude, quand elle devient citoyenne, à savoir quand les individus qui la composent prennent le pouvoir sur leurs conditions de vie, réussit beaucoup de choses… Il y a eu des exemples à foison dans notre histoire. Au-delà  du combat contre le parrainage, nous devons faire de telle sorte que le peuple prenne le pouvoir, détrône la petite oligarchie des riches, la caste dorée des politiciens qui sert ses intérêts et les médiacraties qui envoûtent les esprits, pour vivre une vie décente, et relever le défi de la pauvreté et de l’éducation qui perdure dans notre pays. C’est cela le vrai combat.

Babacar Beuz  Diedhiou







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Cet article a été écrit par babacarbeuz

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