goolaerts

Sur le deuxième des vingt-neuf secteurs pavés de l’Enfer du Nord, celui allant de Viesly à Briastre, juste avant le premier ravitaillement, Michael Goolaerts, s’est donc écroulé tandis que la course s’emballait.

Le jeune coureur anversois de 23 ans venait de chuter lourdement sur un tronçon en descente.

Michael Goolaerts était passé professionnel en 2014, alors qu’il n’avait même pas 20 ans, dans l’équipe Vérandas Willems avant de rejoindre la formation espoir de Lotto pour les deux saisons suivantes, puis d’être recruté de nouveau par Vérandas Willems, désormais dirigée par l’ancien vainqueur du Tour des Flandres, le Belge Nick Nuyens, qui a tout de suite quitté la course pour se rendre à son chevet.

Sans résultat majeur en 2017, Michael Goolaerts, au gabarit athlétique (1,86 m pour 80 kg) taillé pour les classiques de pavés, avait encore un palmarès vierge de victoire au plus haut niveau hormis un succès d’étape, en avril 2016, au Tour du Loir-et-Cher.

La semaine dernière, il avait pris le départ du Tour des Flandres sans aller jusqu’au bout (abandon) et comptait à son actif 20 jours de compétition en 2018, soit un peu plus de 3 000 kilomètres en course.

Ce dimanche, c’est l’image d’un coureur allongé sur un talus, intubé, avec au-dessus de lui un médecin tentant un massage cardiaque durant de longues minutes, qui a tout de suite fait craindre le pire. Son directeur sportif, Michiel Elijzen, l’a bien vite compris. « J’ai directement vu que c’était très grave », a raconté à nos confrères de AD l’ancien coureur néerlandais, très ému par ce qu’il avait vécu. À plusieurs reprises, une fois la course finie, il ne put retenir ses larmes.

Après avoir été réanimé une première fois, le coureur de l’équipe Vérandas Willems a été évacué en hélicoptère vers l’hôpital Roger Salengro de Lille. Durant son transfert, le malheureux Goolaerts aurait encore été victime de deux nouveaux arrêts cardiaques. Ont-ils été la conséquence de la chute ou, au contraire, l’arrêt cardiaque l’a t-il provoqué ? Pour l’instant, impossible de le savoir.

C’est peu après 23h30 que l’équipe Verandas Willems-Crelan a en tout cas annoncé officiellement le décès de son jeune coureur. « C’est avec une tristesse inimaginable que nous devons annoncer que notre coureur et ami est décédé ce dimanche à 22h40 à l’hôpital de Lille, en présence de sa famille et ses proches ».

Dimanche, peu après l’arrivée, alors qu’il avait fini treizième et qu’il était certainement un des cinq plus forts en course, Wout Van Aert, avait été directement exfiltré par ses soigneurs. C’est au pied du bus, où la masse des sympathisants et familiers de Vérandas Willems-Crélan s’était regroupée, que le triple champion du monde fut alors mis au courant de la gravité de l’accident subi par son équipier. « Pendant la course, nous n’avons rien dit aux coureurs, ils savaient que Michael avait lourdement chuté, mais sans plus, a témoigné à nos confrères de la Dernière Heure, Michiel Elijzen. C’est bizarre, car à partir de la chute, vous n’êtes plus vraiment dans la course, alors que vous avez quelqu’un devant qui lutte pour un grand résultat. »

Ce drame rappelle inévitablement le décès d’un autre jeune coureur belge, Daan Myngheer, mort fin mars 2016, à l’âge de 22 ans, après un accident cardiaque survenu en Corse au Critérium international.

Michael Myngheer avait aussi porté l’année précédente le maillot de Vérandas Willems, l’équipe de Goolaerts. Après s’être senti mal, il avait fait un infarctus dans l’ambulance de la course et transporté à l’hôpital d’Ajaccio où son décès avait été constaté deux jours plus tard.

La Belgique avait déjà été frappé de plein fouet la veille par la mort de son compatriote, Antoine Demoitié, au même centre hospitalier de Lille, après avoir percuté par une moto, lors de Gand-Wevelgem.







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Cet article a été écrit par ajonews

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