rohingyas

Des enquêteurs de l’ONU ont demandé lundi des poursuites contre le chef de l’armée birmane et cinq autres hauts gradés pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » à l’encontre des musulmans rohingyas.

À l’occasion de la publication d’un rapport, la Mission d’établissement des faits de l’ONU sur la Birmanie a demandé lundi 27 août que la justice internationale poursuive le chef de l’armée birmane, ainsi que plusieurs autres hauts gradés. Elle déclare : « Les principaux généraux de Birmanie, y compris le commandant en chef Min Aung Hlaing, doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites pour génocide dans le nord de l’État d’Arakan, ainsi que pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans les États d’Arakan, Kachin et Shan ».

Entre août et décembre 2017, plus de 700 000 Rohingya ont fui une offensive de l’armée birmane lancée en représailles d’attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas. Ils ont trouvé refuge au Bangladesh, où ils vivent depuis dans d’immenses campements de fortune.

D’après les enquêteurs de l’ONU, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi « n’a pas utilisé sa position de facto de chef du gouvernement, ni son autorité morale, pour contrer ou empêcher le déroulement des événements dans l’État d’Arakan ». Ils estiment aussi que, « de par leurs actes et leurs omissions », « les autorités civiles ont contribué à la commission de crimes atroces ».

Vers une saisie de la Cour pénale internationale ?

La Mission d’établissement des faits de l’ONU sur la Birmanie fait cependant valoir que les autorités civiles avaient « peu de marge de manœuvre » pour contrôler les actions de l’armée birmane. Elle ajoute que « rien n’indique non plus qu’elles (les autorités) aient participé directement à la planification ou à la mise en œuvre d’opérations de sécurité ou qu’elles faisaient partie de la structure de commandement ».

Une liste de six hauts gradés, incluant le chef de l’armée birmane, soupçonnés d’avoir commis des crimes a été établi. Une autre, plus longue, a aussi été élaborée, comprenant des individus présumés coupables. Les enquêteurs de l’ONU recommandent que le Conseil de sécurité fasse appel à la Cour pénale internationale ou que soit établi un tribunal international ad hoc. Ils appellent aussi à des sanctions ciblées contre les auteurs de crimes et à un embargo sur les armes.

Le Conseil de sécurité a plusieurs fois appelé la Birmanie à l’arrêt des opérations militaires et au retour en sécurité des Rohingya, mais ses initiatives restent limitées par la Chine, premier soutien de la Birmanie.

Par ailleurs, la page Facebook de Min Aung Hlaing a été fermée pour « violations des droits de l’Homme », a annoncé lundi le réseau social. Facebook ne mentionne pas nommément la crise des Rohingya, mais évoque dans son communiqué « les terribles violences ethniques en Birmanie ».

Avec AFP




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