Tourisme

Par chauvinisme, et pour leur panafricanisme mal placé et mal réfléchi, les Sénégalais ont  tué le tourisme. De plus de 300 milliards  par an, le tourisme sénégalais ne fait plus de recettes importantes, du fait que la destination Sénégal n’est plus prisée et ne se vend plus comme avant…

Le tourisme sénégalais est sensé être la deuxième source de devises après la pêche. Il représentait un chiffre d’affaires de 300 milliards de  francs CFA, et dans certaines localités il constituait le premier pourvoyeur de revenus. Le Sénégal dispose d’énormes atouts sur le marché régional et international, mais son industrie touristique connaît des difficultés terribles et tristes, pour cause : l’arrogance. C’est le mot qui résume divinement le mal touristique sénégalais.

Arrogance, parce que le Sénégal est le seul pays au monde qui ne communique pas sur ses atouts, pour vendre sa destination. Suffisants, imbus, ils ont pensé bêtement que la réputation est une victoire ad vitam æternam. Les politiques ont oublié que même si le Sénégal avait naturellement par sa situation géographique et par son histoire constitué une destination privilégiée, il y avait eu de la communication, de la valorisation… Arrogance qui fait que les Sénégalais ne s’occupent pas bien des endroits qui sont sensés nous apporter de l’argent. Arrogance qui fait que nous avons perdu la marque de la « Teranga » (hospitalité). La même arrogance que dénonçait tout récemment l’ex-sélectionneur de l’équipe nationale Alain Giresse en disant : « Les Sénégalais ont une haute idée de leur football, qui n’a jamais rien gagné ! » Arrogance qui nous a poussé à imposer un visa aux occidentaux sans prendre le temps nécessaire, sans mettre les moyens, en oubliant que le tourisme sénégalais était déjà en perte de vitesse. En oubliant que la concurrence commençait à être rude. Que le Maroc, le Cap vert, le Burkina, ont compris que rien ne sert d’être arrogant si on n’a pas d’autres ressources pour se développer, que comme l’a indiqué le grand  homme politique américain William Jenning Briyan : « le destin n’est pas le fruit du hasard mais le fruit d’un choix, ce n’est pas quelque chose qu’il faut attendre, c’est quelque chose qu’il faut atteindre ».

Aujourd’hui on entend des cris de partout.  « Nous lançons un cri du cœur, nous avons un secteur qui va être sinistré si on n’y prend garde ». Tels sont les propos de Racine Sy, président de la FOPITS (fédération des organisations patronales de l’industrie du tourisme du Sénégal), lors de la conférence de presse organisée pour parler entre autres sujets du bilan de l’organisation du salon TICCA 2010.

Et pour ce faire le président réagit en diminuant les taxes aéroportuaires. Ce n’est pas sûr que cela soit une bonne chose… Un manque à gagner énorme. Certainement une autre erreur d’appréciation, mais l’avenir nous le dira. Car les taxes sont plus utiles que les fameux visas, qui sont un échec brutal malgré l’afro-optimisme qui règne encore et continue de défendre l’égalité de traitement des voyageurs…

Parmi ces taxes, celle dite d’aéroport est prélevée au client par les compagnies aériennes. Celles-ci la reversent à l’État, qui lui-même la redistribue aux aérodromes. Pourtant, normalement, l’argent récolté par ce biais est affecté au financement des services de sécurité, d’incendie, de sauvetage et aux mesures effectuées dans le cadre de contrôles environnementaux. Il est également utilisé pour lutter contre le péril aviaire c’est-à-dire la prévention des collisions entre les appareils et les animaux, qu’ils soient oiseaux ou mammifères. Outre la taxe d’aéroport, le passager doit payer la taxe d’aviation civile qui, comme son nom l’indique, alimente le budget de l’Aviation Civile ainsi que le budget général de l’État. Récemment on a ajouté un autre prélèvement nommé « contribution internationale de solidarité », utilisé pour la lutte contre les pandémies et plus particulièrement contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Bref les taxes, n’étaient pas le problème au final.

Ainsi, le problème du tourisme au Sénégal, est dû à deux choses : le manque de communication et l’arrogance, qui implique, le manque de gestion des endroits qui sont sensés nous apporter de l’argent, le « bordel » qui règne dans les zones touristiques, le manque de considération des visiteurs aussi bien locaux qu’internationaux. Macky et le ministre du tourisme prendront-ils en compte cette remarque qui paraît être anodine mais qui est issue de l’observation approfondie du tourisme et de l’écoute du ressenti de nos compatriotes de la diaspora qui sont nos premiers touristes?

Babacar Beuz Diedhiou




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