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Comment peuvent-elles se permettre d’inonder notre environnement avec leur image, jusque dans nos écoles primaires ? De quel droit se permettent-elles, de rentrer dans notre patrimoine, dans ce qui doit faire notre identité pour imposer leur identité. Mais combien ces marques payent-t-elles pour se permettre d’être, sans gêne, sans vergogne, sans se soucier de la jeune génération qui n’ont pas compris l’enjeu et les conséquences, partout où elles veulent ? 

Orange,  partout (on ne voit pas le nom des édifices à cause d’elle), Vitalait dans les écoles primaires,  etc.

Quel moustique a piqué ces marques ? Quel est l’inconscient et inconséquent chargé de relations publiques qui conseille ces marques ? Quel est le gouvernement qui laisse faire, ou qui soutient l’endoctrinement de ce qui fait et fera notre bonheur : nos enfants?

J’arrive dans la cour de l’école pour chercher mon enfant à l’heure de la descente, j’aperçois une camionnette au couleur de la marque Vitalait, autour d’elle, des enfants dans une euphorie indescriptible scander le nom de la marque, et les maîtresses et maîtres d’école moulés dans des tee-shirts de la même marque. Ignorance ou appât du gain ?

Si les enfants ne savent pas pourquoi ils crient, la marque sait bien pourquoi elle s’est introduite abusivement dans l’école, pourquoi elle veut s’installer consciemment et inconsciemment dans ces petites têtes.

J’ai déjà dans cette même tribune dénoncé la télévision sénégalaise, effectivement par le fait aussi qu’elle donne trop de place à la publicité, inutile d’y revenir.

Mais si celle-ci ne suffit pas pour les marques et qu’elles soient obligées de nous trouver dans ce qui était jusqu’ici, neutre, vierge, et qui au contraire doit dénoncer la propagande, la propagation et la contagion de ces dernières, doit éveiller l’esprit critique, faire de l’éducation aux media, à l’image, voilà le début de la fin, le déclin de ce qui  nous protège, nous arme, un tant soit peu.

Je pleure notre sort et celui de ses bambins qui n’ont rien demandé !

J’ai toujours dénoncé le manque de lecture dans la société sénégalaise, mais si en plus de cela, la publicité arrache le peut qui nous reste, l’heure devient grave.

Chacun de nous a une tendance naturelle à considérer ce qu’il voit au quotidien comme situation normale, a fortiori les enfants. Normal, depuis la plus jeune enfance, c’est ce que l’on voit tous les jours, sans rupture majeure ! Et si, pour un thème donné, le « normal » avait insidieusement évolué, lentement, sûrement, en prenant toutes précautions pour que la conscience collective ne se réveille pas. Je pleure le sort de ces enfants.

La publicité est la meilleure illustration de ce type de situation. Et au Sénégal rien, n’est fait pour empêche cette propagande des marques. Encore faudrait-il en connaître les conséquences.

Au secours, avant que le troupeau de moutons que nous sommes déjà ne finisse au précipice. Pourquoi l’espace public est-il commercialisé pour le profit de quelques grandes sociétés, de quelques millions ?

C’est de la délinquance de ces vendeurs capitalistes à outrance qui s’affichent en 4×4 en toute légitimité. Est-il normal que des gourous privés, docteurs en sciences de la persuasion, s’affichent devant nos naïfs enfants ? Ont-ils le droit d’imposer aux citoyens ce qui est bien et indispensable?

Babacar Beuz  Diedhiou

 

 







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Cet article a été écrit par ajonews

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