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L’engagement pour une véritable démocratie et pour une solution politico-sociale pour notre développement se heurte à des entraves énormes comme le culte de l’idéologie capitaliste et individualiste, mais aussi l’analphabétisme politique. Les déceptions causées par l’échec des socialistes et la folie des grandeurs libérale, autant que les illusions de prospérité entretenues par le système Macky renforcent le fatalisme résigné des Sénégalais.

Dans une telle situation, la révolution se présente de prime abord comme une utopie, un rêve, et l’engagement citoyen comme une alternative à des modèles socialement insatisfaisants et contestés. A partir de là, le combat devient très difficile. Mais il existe un certain nombre de leviers qui pourront nous aider à dynamiser notre combat et à rendre la mobilisation collective plus réaliste. Il y a d’abord une chose essentielle à comprendre si l’on veut changer les choses. Nous devons être réalistes en politique, voir le monde tel qu’il est et non pas tel qu’on le voudrait : une course au pouvoir où chacun essaie de tirer à soi la couverture et où la moralité n’est que justification purement verbale de l’opportunisme et de l’intérêt personnel. Les lois de ce monde sont écrites dans la noble perspective du bien commun mais la façon dont elles sont mises en pratiques est dictée par la convoitise générale. Dans ce monde, l’irrationnel colle à l’homme comme son ombre, de sorte que les gens font le bien pour des raisons mauvaises et qu’ils le justifient après coup en se donnant de bonnes motivations. Les individus raisonnent en termes moraux mais se conduisent selon leur volonté de puissance, ils sont toujours moraux et leurs ennemis toujours immoraux, le cas des marabouts en est un exemple patent. Réconciliation signifie que certains ont pris le pouvoir et que les autres doivent s’en accommoder. Les religieux ne viennent plus que pour renforcer et justifier le statu quo.

Il faut que les gens qui hésitent à s’engager, sachent que, dans ce monde, il n’existe pas de dénouement ni définitivement heureux ni définitivement triste ; la solution de chaque problème en crée inévitablement un autre. Regardons l’alternance au Sénégal entre Diouf et Wade. « Il vécurent à jamais heureux » appartient aux contes de fées, à l’univers enfantin. Nous essayons d’apporter quelques réponses aux multiples questions que les gens se posent pour s’engager et celles sur les raisons de notre engagement. Pour répondre de manière réaliste à toutes les équations et problématiques que la plupart des  Sénégalais se pose par rapport à la politique et à la crétinerie de nos hommes politiques, nous essayons d’exposer quelques principes fondamentaux en politique.

Certains de nos compatriotes pensent qu’à cause de la banalisation de la corruption à tous les niveaux, il est impossible de faire quelque chose pour le Sénégal. Si nous posons ainsi la question, c’est parce nous n’avons pas compris que la corruption est un phénomène inévitable dans les relations humaines. D’ailleurs, les hommes politiques sénégalais échouent lamentablement parce qu’ils disent soi-disant vouloir s’attaquer d’abord à la corruption avant les priorités comme notamment le travail. Ils n’ont rien compris.

Un autre postulat que les Sénégalais posent pour rester dans la résignation, est de dire que tous les hommes politiques sont pareils. Si les Sénégalais attendent de leurs politiques une Révélation ou un Messie ils se trompent. Mais également le politique qui prétend régler tous nos problèmes tel un Messie nous trompe. Il faut juste nous organiser, prendre notre destin en main et trouver le juste milieu entre l’utopie et le laxisme. Mais surtout se battre,  toujours se battre pour l’idéal démocratique, encore se battre et transmettre cette fibre aux générations futures.

Une autre inquiétude souvent posée, est de nous dire « si nous destituons « Macky », qui mettrons-nous à la place? ». Il faut que les gens comprennent que le problème dépasse de loin le simple choix des hommes, et réside dans le manque de pression faite aux politique et aux  institutions. Il faut que nous soyons des gardes-fous et des avant-gardes pour notre système démocratique.

Nous devons lutter contre l’occultation de la résistance et de la résignation, faire apparaître les imperfections de notre système politique, la crétinerie des politiques pour que les personnes et les groupes se libèrent du système qui les menotte, et qui épuise leurs ressources matérielles et morales. Le rôle de tout un chacun est de s’appliquer à faire circuler la parole de sorte que la résignation, la passivité, le repli passif dans des attitudes attentistes se heurtent à la dénonciation. Nous devons faire tout pour désamorcer les alibis internes et externes pour que les citoyens soient des garants des acquis de la démocratie et des conquérants d’un idéal de démocratie.

Il faut savoir qu’en politique, pour chaque positif il existe un négatif, et qu’il ne peut rien y avoir de positif sans une contrepartie négative, de même qu’il ne peut y avoir de paradis politique sans mauvais côté. Chaque chose qui nous entoure doit être perçue comme totalement inséparable de son contraire, car le monde s’articule autour d’écarts différentiels qui lui donnent tout son sens : lumière-obscurité, bien-mal, vie-mort etc. Le beau rêve plein de promesse d’avoir  Macky au pouvoir n’a-t-il pas tourné  en véritable cauchemar par moment?

Il faut juste que nous essayions d’identifier et de valoriser les savoir-faire individuels et collectifs, par une reconnaissance positive des potentialités et de lutter ensemble pour un Sénégal meilleur, en ayant à l’esprit l’empathie, la solidarité, l’humanisme, le sens de la responsabilité et la dignité humaine. Lutter, car la vie sur terre n’est qu’un éternel combat.

Babacar Beuz Diedhiou







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Cet article a été écrit par ajonews info

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