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Elles ont été des reines et gardiennes de traditions dans leurs terroirs respectifs, et ont tenu le flambeau du règne féminin. Des femmes ont dirigé des royaumes entiers. Elles ont, à l’instar des souveraines du Walo, dont la linguère Ndatté Yalla, qui a succédé à sa grande sœur Ndieumbeutt Mbodj en 1846, d’Aline Sitoé Diatta, la reine-prêtresse de Kabrousse et tant d’autres figures féminines, marqué l’histoire du Sénégal.

Aujourd’hui, d’autres sur les pas des Femmes de Nder, qui en 1819, avaient préféré la mort à la servitude, vivifient le sentiment du « refus » face à une société hantée par un esprit de discrimination. Elles ont poussé les limites dressées par un monde artificiel, et exploré des secteurs d’activités jadis estampillés « réservés aux hommes ».

Fortes de leurs convictions et ragaillardies par le passé glorieux de la femme sénégalaise dans les combats historiques, ces femmes ont, de haute lutte réussi la prouesse d’inscrire la vie sociopolitique du pays sur la voie d’une dynamique égalitaire, puis paritaire.

Aujourd’hui, la parité homme-femme est une réalité au Sénégal. Une victoire de l’histoire sur l’injustice et la discrimination, quelque puissent être les raisons, qu’il faut selon les associations de défense des droits des femmes, consolider.

La parité : processus d’une lutte de longue haleine

Après avoir activement pris part à la lutte pour l’indépendance du Sénégal, les femmes avaient balisé le chemin de la longue marche de l’égalité des sexes. Elles avaient posé les jalons de plusieurs décennies de combat, remporté de haute lutte en 2010, avec la parité. Un acquis, après un long chemin et des étapes décisives à l’honneur de la société entière.

La parité est, pour reprendre Aminata Diaw, dans « Combat pour la Parité », une question bien sénégalaise. « La quête de la parité et la bataille de sa codification au Sénégal sont consécutives à une dynamique interne d’approfondissement de la démocratie, de la démocratisation de la société et de mutations sociales ayant aussi bien des causes internes qu’externes », explique-t-elle.

Le COSEF, (Conseil Sénégalais des Femmes), héritier de ce processus enclenché par l’Union des Femmes Sénégalaises (U.F.S), et plus tard le mouvement Yewwu-Yewwi, a porté la parole féminine, avec des campagnes « Démocratie où es-tu ? », en 1996, « Avec la parité consolidons la démocratie », lancée en juin 2005, des slogans et une présence effective dans le processus électoral, mettant la question de la femme au cœur des préoccupations politiques.

Si au congrès de juillet 1990, les femmes du PS avaient fait adopter une résolution pour l’application d’un quota de 25% (initialement de 10%), la campagne du COSEF de 1996, pour accroitre et améliorer l’investiture des femmes sur les listes des partis, avait mis l’accent sur le quotas de 25% pour chaque parti, un quotas qui n’a d’ailleurs jamais été respecté.

Aux locales de cette même année, elles étaient 14,46% d’élues locales et seulement 14 députés sur 140 étaient à cette époque des femmes. Mais, entre 2000 et 2007, l’espace politique assiste aux premières mesures paritaires, dont la loi sur la parité limitée en 2007, puis la parité fiscale en 2008.

La loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité homme-femme dans les instances totalement ou partiellement électives, consacre l’aboutissement de ce processus. Ainsi, après Caroline Faye, Hawa Dia Thiam…, le parlement inaugure la parité, passant d’une seule femme en 1963 à 64 en 2012. Soit 43% de l’Assemblée nationale.

Une exigence démocratique devenue réalité

Derrière chaque grand homme il y a une grande dame, disait-on, en parlant du rôle de la femme dans les combats qui ont jalonné l’histoire de l’humanité. Cette image est aujourd’hui révolue. Et cela est d’autant plus vrai que le combat porté par les mouvements de défense des droits des femmes se situe à deux niveaux : redonner à la femme sa place dans la société en lui garantissant les droits fondamentaux pour son épanouissement et lui permettre d’accéder aux instances de décisions dans son pays.

C’est le combat de l’égalité, de la parité : la femme à côté de l’homme.

Avec un arsenal juridique mieux adapté aux exigences de l’heure, le combat historique est devenu une réalité, repoussant du coup les barrières de l’arbitraire basé sur le genre. Avec la loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue homme-femme, la femme a retrouvé la place qui lui revient de droit dans l’organisation et le fonctionnement du système sénégalais. Une loi « révolutionnaire » dont les résultats sont en train d’inspirer d’autres pays de traditions démocratiques.

Malgré tous les manquements liés à l’application effective de la loi sur la Parité, et cela de la part de nos gouvernants qui tiennent souvent, pour des intérêts électoralistes des discours contradictoires à leurs actions, le combat des femmes pour l’appropriation et la « réelle concrétisation » de cette loi hautement bénéfique à l’accès  des femmes aux grandes instances de prise de décisions.

Mounass Makoar







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Cet article a été écrit par ajonews info

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