An Iraqi army soldier takes position during a battle against the Islamic State (IS) group near the Fourth Bridge over the Tigris River connecting eastern and western Mosul on January 10, 2017.
Iraqi government forces launched a major offensive to recapture Mosul from the Islamic State group on October 17, 2016. Since then, they have retaken many areas in the eastern parts of Iraq's second city, but districts to the west of the Tigris River are still firmly in IS hands. / AFP PHOTO / Dimitar DILKOFF

Défaite militairement mais loin d’être éradiquée, l’organisation djihadiste restructure ses sources et réseaux de financement pour assurer sa survie à long terme.
Ça a été presque un coup de chance pour les forces irakiennes d’arrêter cet homme un peu louche détenteur de faux papiers, au printemps 2015. Sous la pression des interrogateurs, l’Irakien a craqué et a reconnu être responsable de la collecte de fonds pour l’organisation Etat islamique (EI) dans une région sous son influence, au nord-ouest de Bagdad. Les activités anormales, repérées par les services de renseignement irakiens et étrangers sur les terres agricoles autour de Taji et de Tarmiya, relevaient d’une mécanique complexe permettant d’alimenter les caisses de l’EI en millions de dollars.

Plus de 400 fermes piscicoles – légales et illégales –, sur les 2 000 qui fournissent Bagdad et sa périphérie en carpes, ont été identifiées comme liées à l’EI et démantelées en 2015 et 2016. Le business est lucratif quand on connaît le goût des Irakiens pour le masgouf, la carpe grillée. « On était tous en train de financer Daech et on ne le savait pas ! », concède le général Ayad, porte-parole du commandement des opérations de Bagdad, amateur de masgouf, il va de soi.

« C’était une idée de génie. Ce business permet d’énormes profits. Certaines fermes étaient financées par l’argent de Daech directement, d’autres appartenaient à des particuliers victimes de racket », précise le militaire. « Il y avait même des paysans chiites qui travaillaient pour Daech sans le savoir. Par l’entremise d’hommes d’affaires de confiance, Daech finançait leur élevage de poissons contre un pourcentage sur les ventes », ajoute Hicham Al-Hachemi, un expert irakien des mouvements djihadistes.

Quand, à partir de juin 2014, l’EI a régné sur près d’un tiers de l’Irak et de la Syrie, en tirant d’importantes ressources du racket, du pétrole et de trafics en tous genres, ce business-là était déjà pensé comme une assurance-vie. Après décembre 2017 et la défaite militaire de l’EI en Irak – il n’est plus actif que dans des zones reculées à la frontière…

 







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Cet article a été écrit par ajonews

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