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 A moins de 2 mois des élections, pas d’euphorie, pas de sarcasmes, ni de déclarations emphatiques humoristiques, pas de peur, pas de provocation intelligente ni stratégique !

Faisons le tour du passé, et nous verrons qu’à la veille des élections qui ont suivi toutes les alternances, la tension était pressante, la pression se sentait de partout et dans tous les camps !  Rien de tel aujourd’hui! Juste des combines et des transhumances bêtes et ridicules comme celles d’Aïssata Tall Sall.

Quand le Sénégal s’avançait vers l’élection présidentielle, le climat devenait de plus en plus tendu. De violentes émeutes éclataient dans la capitale et en province. Cette fois-ci, le président sortant dort tranquillement ! Pourtant c’est le président le plus peureux que le Sénégal ait jamais connu !

Souvent à la veille des élections, toutes les décisions de l’exécutif suscitaient la colère de l’opposition, qui entrait en résistance et menaçait de rendre le pays « ingouvernable ». Un mouvement ou des mouvements qui rassemblaient opposition politique et société civile,  estimaient dans des  communiqués que les décisions du Conseil des sages étaient un putsch constitutionnel, et un prélude à ce qui serait un « putsch électoral ». Dans la diaspora, on assistait à une mise à mal et mise à défaut du président sortant. Les consulats et les ambassades étaient saccagés. Nous sommes très loin de ce scénario ! C’est vrai que « le peuple force » est dans une situation d’observation, mais les militants et dirigeants pourraient se faire entendre ! Mais non ! Ils ont peur, encore plus que Macky! Bandes de dandys et nantis dakarois !

Au-delà de l’euphorie et du zèle, ces élections manquent d’intelligence, de verve, de fond et de forme ! De toute façon, ce n’est pas avec le président Macky qu’il faut s’attendre à des  envolées lyriques, à une prestance qui défraye la chronique et déclenche le rire ! A des déclarations qui décompressent et énervent, comme savait le faire le président Wade !

Faut pas chercher loin, cette veillée électorale moribonde traduit et reflète le niveau d’intelligence de nos candidats ! Ils sont dans un simplisme dérangeant, endormant,  décervelant.

Ce n’est pas non plus avec Sonko ou Idy qu’il faut attendre la culture, la lecture, et l’humour.

Les périodes électorales ont toujours été un moment de révision des symboles du pays, de l’histoire, et des orientations économiques, dans une intelligence admirable et indélébile, qui marquait la génération future. Pourtant celle-ci plus que d’autres devrait être un moment pour parler de comment bien vivre de son travail, si on en a un, pour inventer de nouvelles protections au travail, et libérer l’esprit d’entreprise ! Pour inventer un nouveau modèle de croissance ! Pour créer les mêmes règles pour tous les sénégalais, les mêmes chances pour tous les enfants des villes et des campagnes ! Pour construire une Afrique solidaire et combattante, à la hauteur de nos espérances ! Pour parler de comment faire plus pour ceux qui ont moins, de comment rendre la vie des sénégalais et surtout des sénégalaises plus facile ! D’une rénovation de la démocratie ! C’est un impératif ! Mais pour cela il faut une réflexion profonde sur les institutions !

Dans ces élections on ne sent pas le discours qui redonne à chaque sénégalaise et chaque sénégalais confiance en elle ou en lui ! Confiance au Sénégal et dans sa capacité collective à relever nos défis. Ce que l’on sent c’est un « moi » haïssable ! Or dans le contexte actuel, se déroulent sous nos yeux de très grands changements ! Des transformations radicales nouvelles bouleversent nos vies et nos certitudes. La révolution numérique change nos manières de produire, de consommer et de vivre ensemble ! Depuis plus de trente ans, nous ne parvenons pas à régler le problème du chômage de masse, ni celui de la surpopulation.

Nous sentons un discours de fermeture ou d’ignorance des enjeux géoponiques ! Le changement climatique nous oblige à repenser notre organisation et nos modes de vie. Le nouvel ordre mondial nous impose une économie libérale à outrance ! Mais le repli sur nous-mêmes, le refus de voir le monde tel qu’il est ou la volonté de redresser le Sénégal avec ces croyances obsolètes ne sont pas des solutions. Ils ignorent nos ressorts profonds et le sens de notre destin.

Les candidats doivent faire de ces élections un moment d’éducation et de sensibilisation ! Ils doivent faire sentir aux sénégalais leur capacité à bâtir ensemble un Sénégal nouveau, qui innove, recherche, crée et vit, un Sénégal de prospérité retrouvée et de progrès pour chacun. Un Sénégal qui redeviendra le fer de lance d’un projet africain qui lui ressemble.

Les solutions simplistes que nous proposent les candidats sont loin de nous sortir du gouffre, ni de l’obscurantisme. Elles ne gomment pas certaines croyances politiques. Et ni le pétrole, ni le fait de sortir du franc CFA ne viendront combler ce gap et ces manquements.

Car ces deux éléments sont certes nécessaires, mais ne  restent que des outils, et des appuis pour un système politique et culturel. Ils ne feront pas grandir, ni ne feront la maturité et la créativité d’un peuple.

La monnaie reste un système d’échange, mais ne garantit pas la confiance, l’intégrité, la dignité d’un peuple ! Pour ce qui est du pétrole et du gaz, ils ont fait plus de mal que de bien en Afrique !

Babacar Beuz Diedhiou

 







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Cet article a été écrit par babacarbeuz

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