CapturFiles-06-00-2013_03.00.46

Le président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (ONITS), Doudou Gnagna Diop, suggère aux pouvoirs publics sénégalais de faire du tourisme une compétence transférée aux collectivités locales, pour relancer ce secteur.
Dans un entretien publié dans l’édition de vendredi du Témoin quotidien, M. Diop, également responsable des hôteliers de Thiès, dit voter ‘’aujourd’hui pour que le tourisme soit une compétence transférée’’.
‘’Surtout que le président de la République (Macky Sall) a créé un outil qui est le Haut conseil des collectivités territoriales’’, une institution qui pourrait selon lui permettre de ‘’gérer le tourisme dans les localités, de faire la promotion, la législation dans les localités’’.
Si, par exemple, le tourisme était une compétence transférée, Saly-Portudal, la principale station balnéaire sénégalaise située sur la Petite-Côte, au sud de Dakar, ‘’n’en serait pas là aujourd’hui’’, a souligné Doudou Gnagna Diop.
Dans ce cas de figure, argumente le président de l’ONITS, le maire de Sally ‘’pourrait sortir des arrêtés pour réglementer, pour agir sur les maisons clauses’’, qui seraient une des causes de la faillite de l’activité touristique dans cette zone, si l’on en croit de nombreux spécialistes.
‘’La mauvaise graine qui fait aussi que notre secteur est bloqué, c’est toute cette gangrène de maisons qu’on appelle résidences ou je-ne-sais-pas-quoi, qui font un commerce parallèle, illicite et informel. Tout se passe dans ces résidences, soi-disant. Il faut qu’on les contrôle. Il faut qu’on arrive à faire comme le Maroc’’, a-t-il indiqué.
Le royaume chérifien et la Tunisie, par exemple, ont réussi à réglementer le tourisme, a-t-il dit, contrairement aux différents gouvernements sénégalais qui ne savent pas selon lui par quel bout prendre ce secteur, ‘’depuis une quinzaine d’années’’ au moins.
‘’On nous avait parlé d’un crédit hôtelier’’ par exemple pour relancer le secteur, mais ‘’depuis six mois, on n’en entend plus parler. Or, ce crédit hôtelier devrait servir au micro-tourisme. Et tant qu’on ne l’aura pas développé, l’industrie du tourisme ne décollera pas’’, a indiqué le président de l’ONITS.
De l’avis de Doudou Gnagna Diop, le Sénégal ‘’na pas développé’’ son tourisme intérieur comme il le fallait. ‘’Aujourd’hui, vu le pouvoir d’achat des Sénégalais de Dakar, signale-t-il, ils ont les moyens de passer des week-ends et des vacances dans le pays profond. Mais on n’a pas une politique touristique mise en place et adaptée à ce mode de vie (…)’’.
Il y a aussi que ‘’l’exclusion des nationaux’’ a plongé le secteur dans la crise, soutient le président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais devenu ‘’un entonnoir’’ à cause d’un fonctionnement monopolisé.
‘’C’est un entonnoir. Tous les clients passent dans le même entonnoir (…)’’, au risque de le boucher, ce qui peut expliquer certains des problèmes actuels du secteur, a-t-il dit, ajoutant : ‘’on n’a pas pu créer plusieurs entonnoirs pour pouvoir desservir la destination’’.
‘’Tout ce qu’on a invoqué dernièrement comme facteurs bloquants, à savoir le visa, la maladie Ebola, etc., est venu aggraver la situation mais ne constitue pas la cause réelle’’ des difficultés du secteur, qui tiennent de ce que le pays ‘’n’a jamais mis en œuvre une politique sénégalaise de tourisme’’, a estimé Doudou Gnagna Diop.






Classés dans :

Cet article a été écrit par ajonews info

Réactions

Donnez votre opinion