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La chaîne de supermarché Auchan s’installe au Sénégal, dans toutes les grandes villes, dans tous les coins de rue. Courez acheter, vous êtes modernes !!

Il y a un objectif que presque toutes les sociétés africaines ou sous développées espèrent atteindre : la modernité. La tradition est laissée aux oubliettes, piétinée, sacrifiée sous l’autel de la modernité. Notre façon de parler doit changer. Nos jeunes filles s’égosille à vouloir grasseyer, à rouler les « R » comme on dit. Notre port vestimentaire a changé depuis belle lurette. Tout le monde veut se doter d’une voiture. Nos capitales sont polluées par des voitures de toutes sortes. Le gouvernement a du mal à suivre le rythme en construisant des routes. La liste est longue. Revenons-en au sujet du jour. Mais c’est dans la même veine.

Nous sommes dans l’ère de la surconsommation. Et certaines entreprises françaises ne s’y trompent pas. L’Afrique est le terreau des entreprises françaises mal en point ou qui continuent à perpétuer la domination occidentale. Eiffage, Total, Orange l’ont bien compris. D’autres sociétés françaises leur emboitent le pas : Alstom, des sociétés immobilières marocaines, des entreprises turques, italiennes, Auchan…

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Attardons-nous sur la dernière nommée : Auchan. Le sénégalais aime ce qui vient de la France. On troque nos habitudes culturelles pour adopter des comportements modernes. La stratégie insidieuse des occidentaux opère. L’objectif étant de faire adopter aux africains des comportementaux occidentaux dans tous les domaines de la société. Désormais, il ne faut plus faire ses courses à la boutique du coin, au marché, aux « loumas ». Il faut le faire chez Auchan. C’est classe, c’est moderne et ça vous fait sentir en européen. Chaque sénégalais veut disposer dans sa cuisine, dans son frigo, s’il en a, une boite de conserve floquée de l’oiseau rouge-gorge, le logo de la marque. Les supermarchés Auchan et magasins de proximité poussent comme des champignons dans tous les coins de rue de Dakar, en banlieue dakaroise, dans les régions et moyennes villes. Et la mayonnaise prend. Je plains nos mamans débrouillardes, vendeuses de pain-thon et pain-mayonnaise aux coins de rue ; je plains le boutiquier détaillant, je plains son lait, son sucre, ses boites de boites qui vont moisir derrière son comptoir.

Maintenant les consommateurs font la queue pour faire leurs courses. Le plus grave, les produits vendus sont de bas de gamme, de mauvaise qualité. Dans les hypermarchés français, ces produits sont catalogués dans les rayons low-cost, ou même vendus dans les filiales de ces mastodontes de la grande distribution. Mais le consommateur sénégalais lambda n’y voit que dalle. Il tient à savourer son ketchup ou son chocolat qui n’est même pas du Nutella en promo.

C. Sall







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Cet article a été écrit par Ajonews

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