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Si vous me permettez, sans partie prise, je donne, objectivement, mon simple point de vue. J’ai lu l’intégralité de l’ouvrage. J’ai pris le temps de le faire et surtout de comprendre la démarche intellectuelle, le sens de l’engagement de l’auteur et j’avoue, en tant qu’écrivain expérimenté (4 ouvrages d’investigation à mon actif : Quelles alternatives pour l’Afrique, l’Harmattan 2009 ; Enseigner en Banlieue, Chronique sociale, 2015 ; Gestion des ressources humaines, l’Harmattan 2004 et Sénégal diagnostic d’un candidat à l’émergence en voie de publication pour 2018) que j’ai rarement lu un ouvrage/programme aussi bien écrit. Le langage utilisé est simple et accessible à tout public.
Sur le fond, il est ambitieux et on peut rapidement mesurer le degré d’engagement de l’auteur. Le titre « SOLUTIONS « est pertinent dans ce sens qu’il sous-entend qu’un diagnostic ait été établi en amont. C’est le cas.

L’ouvrage ne semble pas être le fruit de quelque chose qui est improvisée. Il semble provenir d’un processus. Il met en exergue une nouvelle « praxis » politique qui veut rompre avec le cercle vicieux de la politique par les paroles non tenues, par l’argent, dont la provenance n’est rien d’autre que le pillage des deniers publics et les financements occultes.

Bien évidemment, les propos d’Ousmane Sonko gênent car ils mettent le doigt sur des pratiques qui impliquent des milieux (culturelles, religieux, politiques) protégés et souvent difficiles à citer ou critiquer. Le travail de l’auteur candidat met clairement en danger ce système établi dont il indexe les responsables. Toutefois, ce qui est pertinent c’est qu’il ne se limite pas à dénoncer. Il propose avec brio des solutions équitables et avantageuses pour le pays et pour le long terme…

En un mot, dans cet ouvrage/programme, après un travail des plus documenté, Ousmane Sonko met clairement en évidence la possibilité et la crédibilité d’alternatives pour le Sénégal et… nous le comprenons à la première lecture. Courageux, il remet le doigt sur des questions fondamentales défendues par ses pairs comme par exemple Mamadou Dia, Cheikh Anta Diop, Amilcar Cabral… : « l’indépendance nationale et le développement endogène ».

Il nous propose « un Sénégal nouveau ». Bien évidemment nombreux sont nos concitoyens qui pensent : encore de nouvelles promesses identiques à la majorité des autres du passé. Eh bien oui ! Toutefois ce travail réalise très explicitement et succinctement un diagnostic exceptionnel, basé en partie sur les conclusions des assises nationales et propose des recommandations crédibles pour sortir le Sénégal des difficultés auxquelles il s’engouffre depuis 1960, année à laquelle le pays a accédé à l’indépendance.
En 13 chapitres, le plus simplement possible il nous rappelle que le Sénégal possède des ressources culturelles, économiques, humaines, un potentiel énorme qu’il n’a jusque-là pas su saisir et transformer.
Les raisons sont nombreuses. Mais la plus néfaste est le Système néocoloniale et de prédation hérité de l’impérialisme et entretenus par des dirigeants et leurs castes qui ont un seul souci : organiser un gaspillage et un pillage de toutes les ressources du pays. C’est souvent au niveau de leurs familles et amis en tant que prête-noms que les ressources publiques sont accumulées. Au Sénégal les biens publics font toujours l’objet d’une gestion scandaleuse car fondée sur des contre-valeurs qui ont pour noms : incompétence, népotisme, corruption, démission, démagogie politicienne…
Ce qui est grave et en même temps inquiétant c’est que chaque Sénégalais joue sa partition dans le maintien et la perpétuation de ce système car espérant, percevoir en contrepartie, des avantages juteux sous formes de marchés, de promotions politiques, d’immunité fiscale, d’attributions foncières de passeports diplomatiques, etc.

Afin d’y remédier, Ousmane Sonko formule des recommandations qui me semblent indispensables : rompre avec le « SYSTÈME » qui entretient la mal-gouvernance et organise le pillage des deniers publics. Aujourd’hui, l’Etat continue d’enrichir de nombreux parasites qui ne se sont pas distingués pour leurs qualités ou compétences ; remettre tous nos concitoyens au travail et récompenser les Sénégalais à leur juste valeur et sanctionner fermement tous ceux qui l’entravent ; réorganiser notre système administratif en lui donnant les moyens de lutter contre la corruption et de mobiliser correctement toutes les ressources nécessaires aux ambitions d’émergence du pays ; se réapproprier nos ressources. Il s’agit de produire par et pour nous ; égaliser les chances par l’éducation car le système tel est conçu et hérité de la France ne fait qu’accroître les inégalités sociales ; protéger, de sécuriser le Sénégal et les Sénégalais ; mieux mobiliser la diaspora et de renforcer l’intégration africaine.
Dans cet ouvrage d’Ousmane Sonko nous comprenons aussi qu’un Sénégal nouveau sera difficile à mettre en place car les dirigeants actuels et leurs complices mettent tout en œuvre pour l’empêcher car contraire à leurs ambitions et intérêts personnels.

Personnellement le travail d’Ousmane Sonko m’interpelle dans ce sens où, depuis plus de trente années je découvre enfin un compatriote qui porte politiquement les idéaux que je défends et que j’ai hérités de mes référents idéologiques comme Cheikh-Anta, Mamadou Dia pour ne citer que ceux-là.
En tous les cas son engagement pour aider le Sénégal mérite une attention particulière.
Momar-Sokhna DIOP
Professeur d’économie/gestion /Écrivain Paris

 

 




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