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Trois Palestiniens ont ouvert le feu avant d’être abattus à proximité du lieu saint de l’esplanade des Mosquées, qui concentre les tensions.L’événement est d’une extrême gravité en raison du lieu où il s’est déroulé. Deux policiers israéliens ont été tués par balles et un autre blessé dans une attaque commise tôt le matin, vendredi 14 juillet, par trois Arabes israéliens près de la porte des Lions, à l’entrée est de la vieille ville de Jérusalem. Les assaillants ont ensuite pris la fuite vers l’esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les juifs), située à quelques mètres de là, où ils ont été poursuivis et abattus.

Originaires de la ville d’Umm Al-Fahm, dans le nord d’Israël, les auteurs de l’attaque avaient 19 et 29 ans et n’avaient pas de passé criminel, selon le Shin Bet (service de sécurité intérieur), cité par le quotidien Haaretz. Les deux policiers morts, eux, étaient membres de la communauté druze. L’un d’eux était le fils d’un ancien député à la Knesset.

Selon l’agence palestinienne Wafa, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, s’est entretenu par téléphone avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a condamné l’attaque. Le « raïs » est régulièrement critiqué par les responsables israéliens pour son refus supposé de dénonciation des violences palestiniennes. Cette fois, il a réagi promptement, avant même les représentants de la communauté arabe israélienne (20 % de la population) et les dirigeants du monde arabe, toujours très attentifs à la situation autour de la mosquée Al-Aqsa. Ni M. Nétanyahou ni M. Abbas, pour différentes raisons, n’ont d’intérêt à un nouvel accès de violences. Ils ont en commun d’être engagés dans des discussions serrées avec l’administration Trump, par l’intermédiaire de l’envoyé spécial Jason Greenblatt, en vue de relancer des négociations politiques bilatérales. Aucun ne veut être soupçonné de faillir à ses engagements et à la modération promise.

Mais les conséquences de cette attaque sont imprévisibles. « Les lignes rouges ont été franchies », a estimé le ministre de la sécurité intérieure, Gilad Erdan, qui appelle à une révision des mesures sécuritaires autour du site. En réponse, les autorités israéliennes ont pris une décision exceptionnelle en fermant tous les accès à l’esplanade, après l’avoir évacuée. La vieille ville dans son ensemble est bouclée.

La prière du vendredi ne pourra avoir lieu comme à l’accoutumée, pour les croyants, une mesure d’une forte portée symbolique pour les Palestiniens. « Le gouvernement pense que cela aura un effet dissuasif, que le prix à payer pour l’attaque est si élevé qu’il en empêchera d’autres, explique Ofer Zalzberg, analyste à International Crisis Group. Je pense qu’il a tort et que ça va accroître l’hostilité. Cette mesure sera interprétée comme une punition collective. »

Le mufti de Jérusale, Mohammed Hussein, a par ailleurs été arrêté alors qu’il se réunissait avec d’autres Palestiniens pour dénoncer la fermeture de l’esplanade, selon des déclarations de ses proches à l’Agence France-Presse.

 







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Cet article a été écrit par ajonews

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